Réflexion écolo – Quand la bonne volonté se heurte à la réalité

Ou Louer ou ne pas louer une voiture en Sicile, telle est la question.

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Encore un article sur les transports ! Et oui, étant la troisième cause de pollution au monde, avec l’élevage et l’industrie textile, j’y revient souvent, surtout quand il s’agit de voyage.

Je vais ici prendre l’exemple de la Sicile pour illustrer le propos de cet article.

Attention, cet article part un peu dans tous les sens mais c’est mon blog donc j’ai le droit.

Depuis quelques temps j’essaie de limiter mon impact écologique via les transports. Au quotidien je n’ai pas de voiture (en même temps j’habite en région parisienne, facile) et j’ai vraiment envie d’appliquer cela aux voyages.

Lorsque nous sommes partis au Québec, j’ai vite abandonné l’idée des transports en commun, le pays étant mal desservi et nous étions quatre avec des valises. Mais pour la Sicile, je n’avais pas envie de lâcher, c’est tout de même l’Europe. Déjà, j’ai rapidement accepté de prendre l’avion alors que j’aurais aimé y aller en train. Aller en train jusqu’à Milan, ça prend une nuit et je l’ai fait. Mais depuis Milan, la Sicile est encore bien loin ! Rappelons qu’il suffit de deux heures d’avion, le choix est vite conclu.

Après mon voyage en Toscane, j’avais eu un avant-goût de la facilité des déplacements en trains en Italie.

Mais la Sicile, c’est une île, et la configuration n’est pas la même que pour le reste du pays. J’ai lu des articles de blogueurs qui sont parvenus à visiter cette région en transports en commun (tout comme le Québec), donc c’est possible ! Mais c’est faire certains sacrifices sur son voyage et j’ai très égoïstement du mal avec ça.

J’ai le permis, mes amis ont le permis et l’habitude de conduire, choisir de ne pas louer de voiture en voyage n’est donc pas une évidence, là où je sais que certains voyageurs n’ont pas d’autre choix pour se déplacer. Je dois faire preuve d’une grande volonté lorsque je souhaite « imposer » un voyage sans voiture. Et parfois le terrain ne m’aide pas.

Pour ce qui est de la Sicile, nous avons passé des heures à tenter de faire notre itinéraire en transports en commun, par train et par bus. Les trains sont très bons marchés en Italie. La conduite n’est pas réputée pour être des plus facile, les parking sont souvent payants et les amendes fréquentes. Tout cela semblait nous arranger.

D’ailleurs, si vous souhaitez visiter l’est de la Sicile (Catane, Taormine, Syracuse), le train est parfait, tout est très bien desservi ! De même si vous souhaitez voir l’ouest (Palerme, Trapani). Mais entre les deux, et pour relier l’ouest et l’est, c’est la galère. Et que dire des monuments assez isolés qui nous paraissaient incontournables (coucou la Villa Romana del Casale) et qui ne sont simplement pas desservis.

On va en parler justement. Pour relier les deux côtés de la Sicile, il n’y a pas d’autre choix que de passer par Palerme ou Catane, donnant lieu à des détours de folie. Cela revient à faire 5h30 de train pour un trajet qui prend 2h maximum en voiture. De même pour les bus, qui sont lents et assez peu fréquents. Pour visiter certains lieux isolés, il nous aurait fallu y consacrer une journée entière et dormir une nuit sur place quand 2h de voiture nous permettaient d’y passer et de continuer notre chemin.

La vraie question n’est donc pas financière mais bien temporelle. Si j’avais eu trois mois pour ce voyage, j’aurais préféré les transports en commun. Mais en dix jours, perdre une journée pour faire une visite quand on peut en faire trois avec une voiture, cela fait fondre ma volonté comme du beurre en pleine canicule sicilienne.

Je ne suis malheureusement pas une adepte du slow travel, cette manière de voyager qui fait une éloge de la lenteur et qui correspond parfaitement à un mode de vie écolo. J’aimerais m’approcher de ce type de déplacement mais force est de constater que je suis une boulimique de voyage, j’ai envie de voir le plus d’endroits possibles, visiter tout le temps. D’ailleurs, si vous regardez mes itinéraires, il n’y a jamais de journée vide ou peu remplie.

On m’a parfois reproché de ne pas prendre le temps et de ne pas apprécier mes visites. Pourtant je me sens rarement pressée lors de mes voyages. Je rate des choses mais je prends le temps de me promener, de lire les panneaux, de comprendre ce que je vois, d’explorer. Mon rythme de voyage est un rythme plutôt rapide mais mon rythme de vie aussi, quand on y pense. J’ai plusieurs activités musicales, je vais au cinéma au moins une fois par semaine, et j’ai constamment un livre, une série et un jeu vidéo en cours. Je dévore la vie, je dévore la culture et le divertissement, tout comme mes voyages. Et si je perçois totalement l’aspect négatif que peut contenir ce mot, je n’en emploierai pas d’autre car c’est une réalité.

J’ai besoin d’apprendre et de découvrir sans cesse pour être épanouie, j’ai besoin de remplir mon quotidien. J’ai besoin de voyager pour être heureuse et de remplir mes journées lorsque je voyage, sinon autant rester chez moi à ne rien faire sur mon canapé, ce que j’apprécie aussi. Parfois. Tant de lieux m’attirent dans le monde, tant de culture, de nature, d’architecture. Je n’aurais jamais assez d’une seule vie pour tout voir, pour tout faire. Ce n’est pas grave mais je ne peux pas m’empêcher d’essayer le plus possible.

Je me dis que je ne retournerais sûrement jamais là où je me trouve (à quelques exceptions de lieux que j’ai adoré comme le Japon ou l’Ecosse). Donc je veux en profiter au maximum et pour moi, perdre une journée dans un  bus ou un train plutôt que de visiter plusieurs monuments ou parcourir une ville, cela me désole. Donc je cède à l’appelle de la voiture, de la vitesse, qui pourtant est un fléau de notre monde moderne.

En fait, je cède à la location d’une voiture en vacances à cause du temps qui m’est imparti sur cette Terre et qui se sera sûrement pas assez long.

Après, soyons réaliste, louer une voiture pour trois personnes sur une période de dix jours, je ne qualifierais pas cela de désastre écologique mais toute réflexion est bonne à prendre et changer de mode vie c’est aussi se poser sans cesse des questions. Comprendre ses choix et se tourner vers le meilleur pour nous-même, en accord avec nos valeurs.

Note : je suis en train de réfléchir à mon prochain voyage qui sera certainement en Ecosse et cette fois-ci j’aimerais vraiment me passer d’avion, voir de voiture ! A suivre …

2 réflexions sur « Réflexion écolo – Quand la bonne volonté se heurte à la réalité »

    1. Pas en ce moment, cela me laisse du temps pour le blog. Mais j’ai quand même plusieurs articles d’avance, je n’écris pas forcément toutes les semaines 🙂 celui-là date un peu d’ailleurs.

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