Nara, un amour de daim

Todai-ji

Nara est une ville très célèbre et très touristique du Japon. Elle fût la première capitale du pays, Heiko-ji de 710 à 784 et on y trouve quelque uns des plus anciens édifices du pays, dont de nombreux temples.

Mais Nara est surtout connue pour ses daims sacrés en liberté. Ce sont en fait des cerf sika (鹿 ou shika en japonais), plus petits que nos daims. Considérés comme messagers des dieux, ils sont classés Trésors nationaux et on en compte plus de 1200 dans le parc de la ville.

Jusqu’en 1637, tuer un daim sacré était puni de mort et on raconte que les habitants paniquaient lorsqu’ils trouvaient un cadavre dans leur jardin. De peur d’être accusés de meurtre, ils se dépêchaient de le déplacer discrètement, parfois chez le voisin …

Coucou

Ce jour-là je visite Nara seule, mon amie étant partie vers d’autres horizons. C’est ma première journée en solitaire dans ce pays inconnu et c’est un peu l’aventure !

Heureusement au Japon tout est très bien organisé, impossible de se perdre. Je prends le train depuis Osaka pour arriver au centre de Nara en moins d’une heure. Pour trouver les temples, c’est facile, comme dans toutes les villes japonaise c’est tout droit en sortant de la gare. J’arrive de bon matin, les rues sont encore tranquilles et les commerces ouvrent à peine. Mais cela ne va pas durer car dès que j’arrive aux temples il commence à y avoir du monde.

Découverte de la ville au petit matin

Kofuku-ji

Le Kofuku-ji est le premier temple à l’entrée du parc. Edifié à Nara en 710, ce temple s’étendait du temps de sa splendeur sur 12000m² et possédait 175 bâtiments. Il est aujourd’hui le centre d’une école boudhiste.

Le temple est en partie en travaux, je n’en vois pas grand chose mais je ne peux pas manquer sa pagode, la deuxième plus haute du Japon.

Je continue ma route et commence à rencontrer des daims. La première apparition me déroute un peu, je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient si proches. Puis j’arrive dans le jardin du Musée National et là je suis épatée, ils sont partout !

Tellement de daims !

Le musée présente une importante collection d’art boudhique mais de mon côté je continue ma route pour arriver au temple le plus célèbre de la ville, le Todai-ji. Et avec lui les touristes. Et les daims.

Todai-ji

On arrive en passant par Nandai-mon, la grande porte qui mène au temple. Décidément les japonais aiment les portes imposantes pour les temples. Une fois dans le parc, je me perds un peu pour trouver le temple, c’est vraiment immense.

Belle porte d’entrée

Enfin je l’aperçois de loin et je sais que je touche au but. Le Dabustu-den, le pavillon central contruit en 743, est le plus grand édifice en bois du monde avec presque 50m de hauteur et autant de largeur.

Il n’en fallait pas moins pour contenir le plus grand boudha en bronze du monde, le Daibutsu Vairocana, une statue monumentale de 15m pesant 250tonnes ! Elle fût réalisée en 751 par, paraît-il, 370 000 ouvriers.

A gauche et à droite de la statue se trouvent Nyoirin Kannon qui exauce les voeux et Kokuzo Kannon, symbole de sagesse.

Entre les japonais venus se recueillir et les touristes étrangers, il y a énormément de monde dans le temple, j’ai donc du mal à trouver un angle pour faire des photos correctes.

L’intérieur contient également une maquette reproduisant le temple original. Juste à côté, on peut voir un trou dans un pilier de la taille de la narine de bouddha. Il est dit que ceux qui parviennent à s’y glisser iront au paradis. Il y a la queue donc je ne tente pas, tant pis pour le paradis.

Je ressors du temple et m’éloigne de la foule, ce qui n’est pas difficile. Une fois qu’on a quitté le célèbre temple, il n’y a presque plus personne, hormis les daims.

Il est vraiment surprenant de voir autant de daims en liberté et aussi nombreux. Un peu partout des vendeurs proposent de la nourriture adaptée pour eux sous forme de biscuits. Il n’est pas interdit de les nourrir mais il est fortement recommandé de leur donner uniquement la nourriture qui est adaptée à leur régime. J’étais assez triste de voir certains touristes leur donner n’importe quoi comme des chips, des bouts de sandwich ou des bonbons.

Pour trouver un stand de nourriture pour daims, suivez les intéressés

De mon côté j’étais résolue à ne pas céder au « marketing des daims » et ne rien acheter mais j’ai fini par craquer, poussée par ces animaux plus malins que moi qui savent comment réclamer.

Plus collant qu’un chat qui réclame ses croquettes

Attention tout de même, ils restent des animaux sauvages et peuvent avoir des réactions parfois inattendues. Il faut donc rester calme et ne pas se montrer menaçant envers eux. Des panneaux préviennent d’ailleurs les touristes qu’ils sont sur le territoires des daims, et non l’inverse.

Wakakusa-yama

Même s’il ne fait pas très beau, je décide de gravir la colline Wakakusa (pour 150 yens) qui culmine à 342m et admirer la vue sur la ville. L’ascension est assez rude, avec de nombreuses marches !

Courage !

Mais les efforts en valent la peine. La vue en hauteur est superbe et les nuages qui se posent sur la montagne donnent une ambiance très particulière au lieu. D’ici, on domine toute la ville.

Je reconnais l’imposant Todai-ji

Vis ma vis de Ghibli : Cette brume sur les montagne me rappelle vraiment les paysages de Princesse Mononoké. Je me sens hors du temps.

En redescendant je m’arrête pour manger dans un minuscule restaurant dans une cabane en bois. Il y a peu de monde et comme d’habitude, la nourriture est très bonne.

Kasuga-Taisha

Je me rends ensuite au Kasuga-Taisha, un sanctuaire réputé pour ses 3000 lanternes, de pierre ou de bronze, données par les fidèles au cours des siècles. Toutes sont allumées lors du festival Mantoro, un moment qui doit être impressionnant.

Le sanctuaire se situe à l’orée d’une forêt primaire aux enchevêtrements de végétation impressionants. Je ne m’aventure pas très loin, j’ai peur de me perdre et j’ai l’étrange impression qu’un humain n’a pas vraiment sa place ici. Décidément les forêts japonaises ont quelque chose de bien plus sauvage que les nôtres.

De retour aux temples principaux, je suis vraiment suprise par la quantité de touristes qui est arrivé entre temps, l’endroit est noir de monde. Et nous ne sommes même pas en période de vacances. Je conseille donc vraiment d’arriver le plus tôt possible pour visiter cette ville !

Courage, fuyons

Je m’éloigne bien vite pour me rendre dans le centre historique de la ville.

Le quartier de Naramachi

J’aperçois la pagode du Tofoku-ji

Le guide vert m’indique qu’il est possible de visiter des maisons traditionnelles gratuitement dans le vieux centre, même si je ne sais pas trop où elles se trouvent (pas de GPS et le système d’adresse au Japon est insensé). Je tourne longtemps avant de réussir à trouver, j’arpente les ruelles à la recherche d’un signe qui montrerait qu’une maison est ouverte à la visite. Le quartier est agréable, tranquille et rempli de petites rues et de maisons traditionnelles.

A force de tourner en rond je finis par trouver, finalement ces maisons ressemble aux autres, il est très facile de passer devant sans les voir. De plus, il n’y a vraiment personne.

Maison du quartier de Naramachi
La cuisine

C’est assez intéressant de découvrir l’intérieur de ce type de maison, on sent un effort sur l’accueil des touristes car il y a des petits panneaux, traduits en plusieurs langues, dont un français très approximatif. Ci-dessous un exemple.

« Naramashi Maison mode de vie traditionnel est un réformé 100 ans maison de ville avec un thé salle de cérémonie, foyer, et le passage jardin. Il est un établissement où vous pourrez découvrir le mode de vie et la culture de l’époque. »

Bon, ce n’est pas très clair mais on apprécie le geste.

Je termine de faire un tour dans la ville avant de retourner vers la gare pour reprendre le train vers Osaka. J’ai vraiment apprécié cette journée à la découverte de cette ville unique du Japon.

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