Paris et moi, du scepticisme à la découverte

Chère Paris, il serait temps de se connaître

Attention, si vous voulez garder une image « glamour » de Paris, ne pas lire cet article ! J’y partage mon impression personnelle et les débuts ont vraiment été difficiles. Je ne voudrais pas gâcher la vision idyllique de Paris que certains arrivent à conserver, chacun perçoit le monde différemment.

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D’un mauvais départ …

J’ai une relation assez particulière avec Paris. Comme beaucoup de jeunes, j’ai quitté ma petite ville de province et je suis montée à la capitale pour mes études. Paris n’était pas un rêve, mais je voulais faire des études de cinéma et mes possibilités étaient limitées. Ce fût donc la capitale.

Je m’étais déjà rendue quelques fois à Paris avec mes parents, j’étais montée sur la Tour Eiffel, j’avais vu les illuminations de noël, visité le Louvre et le Musée d’Orsay. Bref, j’avais fait les visites les plus touristiques.

Même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre, y vivre a rapidement été une déception et je me suis enfermée dans une mécanique de négativité. J’ai détesté Paris. Et si une partie des gens à qui j’ai fait part de mes impressions à l’époque ont été étonnées, voir outrées (surtout des parisiens, il ne faut pas se mentir), beaucoup ont partagé mon avis. Même sur internet (voir l’article du blog The Path she Took qui n’est pas tendre avec la capitale).

C’est vrai qu’il y a beaucoup de raisons de ne pas aimer Paris, et quelques-unes m’ont particulièrement atteintes :

  • Les prix : des loyers, des restaurants, des bars, du cinéma, des spectacles … surtout quand on ne connaît pas les « bons plans » pour sortir (parfois on les cherche encore !).
  • La saleté : impossible de le nier, Paris est une ville vraiment sale (je le remarque encore plus depuis que je tends vers le « zéro déchet »). Des détritus au sol, des poubelles qui débordent, des odeurs nauséabondes dans le métro … on est loin du glamour. Et on est surtout très loin de la propreté de certaines capitales européennes.
  • La pollution : clairement Paris n’est vraiment pas un exemple sur le sujet, y vivre reviendrait à fumer presque 200 cigarettes par an ! La ville est nocive pour la santé et les changements sont lents à arriver. Et je ne parle même pas de la pollution sonore, entre les voitures et les travaux, le bruit est incessant.
  • Les SDF qui meurent dans la rue : alors ce n’est clairement pas la vision la plus joyeuse et je m’en excuse mais je ne pouvais pas passer à côté. C’est ce qui m’a clairement le plus affecté. Sortir de chez soi joyeuse, passer devant trois personnes qui meurent de froid et de faim et tendent la main et tenter de leur sourire tout en répondant « non ». Paris est aussi une ville avec de la misère et c’est déprimant.
  • La surpopulation (personne ne sait avant d’avoir pris la ligne 13) : il y a du monde tout le temps, partout. Faire un tour dans un parc les jours de beau temps revient à prendre un bain de foule, acheter une place pour un événement populaire se fait dans les trois minutes après la mise en ligne et je ne parle même par de vouloir s’inscrire à des activités (j’ai fait tous les conservatoires de Paris pour tenter d’avoir des cours de musique).
  • Se faire tout le temps aborder : vivre à Paris signifie subir de nombreuses sollicitations, tout le temps. Généralement pour de l’argent, et malheureusement si je devais donner un peu de monnaie à tous ceux qui me demandent, l’intégralité de mon salaire y passerait. C’est effarant. Circuler dans Paris c’est aussi se faire aborder pour : la vente de petits souvenirs touristiques, adhérer à une secte (véridique) ou bien mon numéro de téléphone, entre autres.
  • Et cette dernière phrase me permet la transition sur un phénomène maintenant très connu : le harcèlement de rue. J’ai vraiment découvert cette réalité en arrivant à Paris et j’ai complètement halluciné. J’étais sollicité tout le temps : en allant à la fac, en faisant mes courses, en revenant de weekend avec ma valise… tout le temps. Les demandes n’étaient pas souvent agressives, ni méchantes, mais à la longue, c’est épuisant. Ce phénomène a considérablement diminué ces dernières années, est-ce moi qui vieillis ou la société qui change ?

D’autres phénomènes s’accumulent à tout cela : les klaxons incessants et sans raison (non, le feu n’est pas équipé d’un système de détection sonore pour passer au vert …), le métro étouffant aux heures de pointes et asphyxiant lors des canicules, le stress des parisiens qui ont toujours l’air d’être en retard ; le climat anxiogène, entre les risques terroristes et de vols, l’omniprésence des forces de l’ordre et les messages de prévention qui tournent en boucle dans le métro, tout cela n’aide pas à se sentir dans un espace serein.

Pour toutes ses raisons et comme beaucoup de parisiens j’ai fini par m’adapter : marcher vite, ne pas sourire, ne pas répondre aux sollicitations, avoir un casque sur les oreilles. On dit souvent que les parisiens ne sont ni aimable ni accueillants. Mais pour avoir vécu ce quotidien, je peux le comprendre, sans chercher à justifier cette attitude. Personnellement j’ai toujours trouvé quelqu’un pour m’aider en cas de problème et je trouve les parisiens plutôt courtois, vu la surpopulation et l’entassement quotidien.

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Envie de nature à Paris ?

Je n’ai pas tenu ce rythme de vie longtemps. Au bout de deux ans, j’ai quitté Paris. Loin. En tout cas, aussi loin que la banlieue me le permettait pour quelqu’un qui fait ses études à Paris. Je me suis retrouvée avec deux voire trois heures de transports pour certains de mes stages. Mais je me sentais mieux, la banlieue m’allait bien. J’ai retrouvé de l’espace, de la verdure, j’ai repris des activités et j’ai fait de nouvelles rencontres.

Le weekend, je me promenais dans les parcs, les forêts, les rues piétonnes, le centre ville tranquille.

… A un renouveau

Je suis restée dans ma banlieue toutes mes études, puisque je ne savais pas ce qui allait venir après, je n’avais aucune raison de bouger. Puis j’ai trouvé du travail, dans Paris. La perspective des heures de trajet à venir dans des transports bondés et en constamment en panne m’a fait réfléchir. La banlieue a aussi de nombreux inconvénients :

  • la durée des transports, surtout que ceux-ci fonctionnent très mal
  • lorsque l’on fait des soirées à Paris, le stress de ne pas pouvoir rentrer (toujours en raison des transports)
  • le manque d’infrastructures et d’évènements en banlieue puisque, naturellement, « tout se passe à Paris ».
  • les prix qui restent élevés, même si cela n’est rien en comparaison de la capitale

Au fil de ces réflexions, j’en ai conclu que je ne voulais pas passer la moitié de ma vie dans les transports ni sacrifier mes sorties.

J’ai donc décidé de me rapprocher de Paris (non, pour le retour intra-muros, je ne suis pas prête …). Jusqu’à avoir une ligne de métro pour me ramener chez moi. Hors de Paris, mais tout proche.

Cette décision m’a fait prendre conscience que j’allais encore passer de nombreuses années dans la capitale et qu’il m’est intolérable de vivre dans une ville que je déteste et d’en être malheureuse. Et puisque Paris n’allait pas changer pour moi, c’est moi changerai de regard sur Paris.

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J’ai bien l’intention de redécouvrir Paris, presque 10 ans après mon arrivée. Puisque j’adore voyager, je vais devenir une touriste parisienne, envisager la capitale comme un immense voyage. A deux pas de chez moi.

J’ai souvent lu que le voyage n’est pas qu’une question de distance mais surtout une attitude. Me voici donc, voyageuse dans ma propre ville. Et je vous emmène avec moi.

Si l’idée de départ de ce blog était de partager mes voyages, il est rapidement devenu évident que j’allais y intégrer Paris. La capitale est tout de même la 3eme ville la plus visitée au monde en 2017 ! Et puis cela me donnera de la motivation pour parcourir Paris mais aussi pour la redécouvrir avec les yeux d’une voyageuse et pas d’une résidente blasée.

Que du bonheur en perspective !

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